Une étude cherche à déterminer la relation entre la « dose » d’acupuncture et l’effet thérapeutique [1]. Les auteurs proposent une échelle pour quantifier la dose à partir de quatre items : (a) nombre d’aiguilles utilisées, (b) recherche ou non du deqi, (c) fréquence des séances et (d) nombre de séances. Pour chaque item une cotation de +1 ou – 1 est attribuée (figure 1).  La somme des cotations permet de déterminer la dose : haute si > 0, moyenne si = 0 , basse si < 0.

Après recherche bibliographique huit ECR de haute qualité et évaluant l’acupuncture dans la gonarthrose sont identifiés et inclus dans l’analyse.  La dose d’acupuncture est déterminée pour chacun des ECR à partir de l’échelle décrite.  Sur les huit ECR, 6 sont à dose haute, 1 à dose moyenne et 1 à dose faible. Les résultats de chaque étude sont classés en positifs ou négatifs sur les deux critères douleur et fonction.  Ils sont positifs sur les deux critères pour 5 des 6 études à dose haute, et négatifs pour les deux études à dose moyenne et basse.  On observe le même résultat en tenant compte de la cotation totale (de + 4 à -4) et non plus de la catégorisation (haute, moyenne ou basse).  Les auteurs suggèrent donc la mise en évidence d’un effet dose-dépendant.

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Figure 1. Échelle de Sun et al de catégorisation de la dose d’acupuncture.

L’étude a d’importantes limitations à commencer par le faible nombre d’études et l’utilisation pour l’analyse des résultats d’un critère qualitatif binaire (positif/ négatif) plutôt que d’une critère quantitatif continu (l’échelle visuelle analogique pour la douleur et le WOMAC pour la fonction). Mais elle a le mérite de poser le problème et de proposer un outil pour essayer de le résoudre.

En pratique l’acupuncture se présente comme une stimulation appropriée de points d’acupuncture avec 3 composantes : 1) Les points utilisés, 2) les techniques de stimulation appliquées, 3 ) les temporalités de la stimulation (durée de séance, nombre de séance et durée de traitement). La notion de « dose » proposée par Sun est donc composite et prend en compte l’intensité de stimulation (nombre d’aiguilles et deqi) et la durée (fréquence des séances et nombre de séance), là ou d’autres études définissent la « dose » uniquement à partir de paramètre temporels [2].

Sur l’intensité de stimulation il nous semble que d’autres items pourraient être inclus comme la profondeur de puncture (superficielle, conventionnelle ou profonde [3]), l’association à d’autres techniques de stimulation (électroacupuncture ou moxibustion) ou sur la composante temporelle la durée de séance (< 20 min, ⩾20 min [2]).

Johan Nguyen

Références


  1. Sun N, Tu JF, Lin LL, Li YT, Yang JW, Shi GX, Lao LX, Liu CZ. Correlation between acupuncture dose and effectiveness in the treatment of knee osteoarthritis: a systematic review. Acupuncture in Medicine. 2019;37(5):261-7.   [48808].  |doi|.
  2. Nguyen J. Temporalités optimales du traitement par acupuncture de la douleur. Acupuncture, Preuves & Pratiques. 2020.  |URL|.
  3. Goret O, Nguyen J. La puncture profonde des points huatuojiaji. Acupuncture & Moxibustion. 2019;18(2):174.   [204014].  |URL |.



Mots-clés : Protocole optimal - Rhumatologie