Le 7 mars 2017, France 2 a présenté dans l’émission de Michel Cymes et Adriana Karembeu « Les pouvoirs extraordinaires du corps humain » une séquence montrant une intervention de chirurgie cardiaque sous anesthésie par acupuncture.

Par la suite la revue « Santé Publique » a publié un curieux article intitulé : « Une opération à cœur ouvert sous acupuncture ? Décryptage d’une émission diffusée sur France 2. » [1] (en accès libre). Les auteurs se proposent d’apporter « une explication plus rationnelle des phénomènes observés ». Pour cela ils mettent en œuvre des « outils d’ autodéfense intellectuelle », accompagnés d’une « recherche bibliographique ». Ils arrivent à la conclusion « qu’il est probable que l’anesthésie est menée avec anesthésie péridurale non avouée, couplée à une sédation intraveineuse légère », c’est-à-dire qu’en pratique ils concluent à une supercherie.

Pour qui connait l’histoire de l’anesthésie par acupuncture, les problématiques posées et les données de la littérature, l’énoncé de cette conclusion interpelle ; tout comme questionne l’utilisation « d’outils d’auto-défense intellectuelle » pour prétendre répondre dans le champ médical (une revue médicale) à une question médicale (la faisabilité d’une anesthésie par acupuncture en chirurgie cardiaque).

Il convient de contextualiser l’article : trois auteurs (Darbois, Guillaud et Pinsault) sont kinésithérapeutes et membres du Cortecs. Le Cortecs est un « collectif » qui s’inscrit dans la mouvance sceptique ciblant notamment les pseudomédecines auxquelles l’acupuncture est assimilée et promouvant pour chercher à les démystifier « l’autodéfense intellectuelle » [2]. Ils se présentent également comme membres de la FED 4270, un réseau d’enseignants, formateurs et chercheurs réunis autour de trois thèmes : « Santé/thérapies alternatives », « Épistémologie », « Pensées radicales extrêmes ». On perçoit très bien le lien fait entre ces trois champs au milieu desquels l’acupuncture est ainsi placée. Les deux autres auteurs sont anesthésistes. 

Nous nous proposons dans un premier temps d’analyser les données factuelles concernant l’anesthésie par acupuncture en chirurgie cardiaque, puis dans un deuxième temps de « décrypter » le discours sceptique et ses méthodes.

1- Les données factuelles


La question médicale qui est posée par l’article peut être formulée ainsi : une anesthésie par acupuncture avec patient éveillé et sans intubation trachéale est-elle possible sans péridurale associée ? Ce qui est en discussion n’est pas l’intérêt d’une technique médicale (ses avantages et inconvénients) par rapport aux autres techniques disponibles, mais bien la réalité ou pas d’un phénomène observé dans les conditions énoncées, c’est-à-dire la simple faisabilité de ce type d’intervention.

Le cas télévisé en 2017 n’est pas un cas isolé, la première intervention de chirurgie cardiaque sous anesthésie par acupuncture ayant été réalisée il y a près de 50 ans, le 19 avril 1972 à Shanghai par Wang Yishan et Yeh Chunxiu [3]. L’anesthésie par acupuncture a fait l’objet d’un très grand nombre de publications scientifiques. Pour répondre à la question simple de la faisabilité d’interventions dans les conditions décrites la méthode la plus classique et rationnelle parait être de rechercher si des cas similaires ont été rapportés dans la littérature scientifique et d’analyser leur pertinence et cohérence d’ensemble. Nous avons ainsi effectué une recherche systématique à visée exhaustive dans les bases de données PubMed (indexation de la littérature internationale), NKI (indexation de la littérature chinoise) et Acudoc2 (base de données spécialisée indexant la littérature chinoise et internationale dans le domaine de l’acupuncture).

L’anesthésie par acupuncture en chirurgie cardiaque à l’hôpital Shuguang

La séquence télévisée ayant été réalisée par une équipe de l’hôpital Shuguang de Shanghai le premier temps logique est d’identifier et analyser leurs travaux. Trois articles avec rapport de cas similaires ont été publiés [46] dont un dans l’International Journal of Cardiology comportant une série de 100 patients comparée à une autre série sous anesthésie générale [5]. Cette dernière publication, citée par Nelly Darbois et coll. comporte comme attendu une description précise du protocole utilisé (tableau 1). Ce protocole parait cohérent avec ce qui est décrit et observé dans le reportage et naturellement ne comporte pas mention d’une quelconque péridurale. Sur les 100 cas, aucun n’a nécessité d’être converti en anesthésie générale avec intubation endotrachéale et la dose de Fentanyl utilisée sous anesthésie par acupuncture correspond à 13% de celle du groupe de contrôle sous anesthésie générale.

Si l’étude décrit honnêtement le protocole utilisé, elle démontre la faisabilité d’interventions de chirurgie cardiaque dans les conditions rapportées et il n’y a pas lieu d’évoquer une supercherie dans la séquence télévisée. Inversement, si une péridurale est dissimulée comme le suggèrent en conclusion les auteurs, il ne s’agirait plus alors d’une simple manipulation visant des téléspectateurs crédules, mais bien d’une fraude dans une publication scientifique impliquant l’équipe de l’Hôpital Shuguang, mais également le cardiologue américain de l’Université de Washington, cosignataire de l’étude (Tsung O. Cheng).

Cette étude est la seule citée et analysée par Nelly Darbois et coll. rapportant directement des cas de chirurgie cardiaque sous anesthésie par acupuncture. Notons que si, in fine, les auteurs dont deux anesthésistes retiennent l’hypothèse d’une péridurale masquée, c’est qu’ils reconnaissent que le protocole médicamenteux décrit dans la publication de l’hôpital Shuguang ne permet pas en lui-même une intervention dans les conditions observées. Ils parlent d’une « péridurale associée à une sédation légère ». Ils ne retiennent pas l’hypothèse d’une manipulation sur les dosages car l’utilisation de doses plus importantes serait non compatible avec l’observation d’un patient éveillé et sans intubation.

Nous sommes donc soit devant la mise en évidence de la faisabilité d’une anesthésie par acupuncture dans les conditions décrites, soit devant une fraude scientifique portant sur la technique anesthésique réellement utilisée. Une fraude dans une publication est toujours possible, mais il s’agit alors d’une accusation grave demandant à être précisément démontrée. 


Acupuncture
1P (zhongfu), 7P (lieque) et 4MC (ximen) bilatéralement.
Après obtention du deqi, électroacupuncture fréquence 3-4Hz, intensité au seuil de tolérance.
Induction de l’analgésie de 20 à 30 minutes.
L’électrostimulation est suspendue au début de la circulation extracorporelle et reprise lorsque le débit de perfusion est descendu à 1,5 L/min.
Lors de la fermeture sternale, la fréquence et l’intensité de la stimulation électrique sont à nouveau augmentées pour éviter tout inconfort du patient.
Retrait des aiguilles à la fin de l’intervention.
 Médicaments
Morphine 1 mg / kg im au début de l’induction de l’anesthésie.
Fentanyl 0,1 mg et Midazolam 2 mg iv avant l’incision cutanée.
Lidocaïne 20-30 ml à 0,25% sc en anesthésie locale immédiatement avant la sternotomie.
Doses supplémentaires de Fentanyl et de Midazolam chaque fois que nécessaire, en particulier lors de la fermeture sternale.
 Ventilation
3 jours avant l’intervention entrainement à la respiration abdominale (3 séances de 30 minutes par jour).
Patients maintenus idéalement en respiration spontanée sans intubation endotrachéale. Un masque facial ou laryngé est utilisé si nécessaire.
Matériel nécessaire à une anesthésie générale si besoin est immédiatement disponible.
Tableau 1. Protocole d’anesthésie par acupuncture du Shuguang Hospital [5]. Dans l’étude comparée les doses de Fentanyl représentent 13% de la dose utilisée dans les cas d’anesthésie générale. L’allégation d’une péridurale dissimulée rend compte du fait qu’une intervention de chirurgie cardiaque ne peut être conduite dans les conditions observées avec les seuls médicaments utilisés. Ce type de protocole avec assistance médicamenteuse a été décrit dès les publications chinoises princeps (par exemple [8]), ou encore dans les rapports de médecins occidentaux (par exemple [29]).

L’ anesthésie par acupuncture en chirurgie cardiaque en Chine

L’équipe de l’hôpital Shuguang n’est pas la seule à avoir rapporté des cas d’anesthésie par acupuncture. Sur l’ensemble de la littérature concernant l’acupuncture dans un contexte de chirurgie cardiaque, nous avons identifié au total 23 publications issues de neuf équipes chirurgicales différentes situées dans six provinces chinoises différentes et rapportant des cas répondant aux conditions observées dans la séquence télévisée [426]. Au minimum 884 cas (en ne retenant pour chaque équipe que la série la plus importante afin d’éviter les doublons) sont ainsi rapportés sur une période de quarante ans (1973-2014),

Une fraude non démasquée sur une telle durée, impliquant autant d’équipes parait invraisemblable, et on conçoit mal quels en seraient pour les auteurs les intérêts sous-jacents perdurant quatre décennies. 

Si on étend la question de la chirurgie cardiaque à la chirurgie thoracique puis à l’ensemble de la chirurgie lourde, on change d’échelle. Ce sont des dizaines de publications dans la littérature scientifique impliquant de multiples équipes au niveau chinois ou international et rapportant des milliers de cas sur plusieurs dizaines d’années.

Il ne s’agirait plus d’une supercherie dans une séquence télévisé ou d’une fraude dans une publication scientifique, mais d’un vaste complot politico-scientifique aux ramifications mondiales. 

Les rapports de médecins occidentaux

Très tôt des médecins occidentaux ont pu observer en Chine des opérations de chirurgie cardiaque sous anesthésie par acupuncture et les rapporter dans des revues médicales occidentales. Tsung O. Cheng, cardiologue américain d’origine chinoise de l’Université de Washington, est le premier à témoigner en 1973 dans deux revues médicales majeures [2728]. Cheng va à cette occasion s’intéresser au sujet et sera cosignataire de l’article de l’équipe de l’hôpital Shuguang en 2011 [5]. En 1974 un cardiologue et un chirurgien thoracique américain rapportent en détail le déroulé d’une intervention [2930]. 

Devant l’intérêt suscité, de nombreuses délégations médicales vont se rendre en Chine pour étudier la question. Une délégation de dix anesthésistes canadiens rend compte de 87 opérations sous anesthésie par acupuncture dont trois de chirurgie cardiaque [3132]. Une délégation américaine de la National Academy of Sciences comportant quatre anesthésistes effectue à son tour une mission et publie un rapport complet sur 48 interventions dans 16 centres différents, dont trois cas de chirurgie cardiaque [33]. Les observateurs évaluent le niveau d’analgésie de chaque cas avec leur propre échelle de cotation. Les trois interventions cardiaques sont classées comme étant de grade I ou II, c’est-à-dire répondant à un niveau d’analgésie équivalent à celui demandé aux USA. Une équipe d’anesthésistes autrichiens procède en Chine à des enregistrement ECG peropératoires durant cinq interventions sous anesthésie par acupuncture, dont une de chirurgie cardiaque [34].

Dès les années 1970, la faisabilité de chirurgie cardiaque sous anesthésie par acupuncture est donc attestée dans des publications médicales occidentales par des anesthésistes et chirurgiens occidentaux ayant suivi au plus près le déroulé des interventions. 

Les auteurs « sceptiques » vont plus tard invoquer la naïveté de ces observateurs :

« Les médecins américains qui se sont rendus en Chine au début des années 1970 ne s’attendaient pas à être confrontés à des supercheries ou à des manipulations politiques ; c’est pourquoi il a fallu quelques années avant que leur ardent et naïf soutien à l’acupuncture ne laisse place au doute […] . Il semble maintenant extrêmement vraisemblable que nombre des démonstrations d’acupuncture lors d’opérations chirurgicales en Chine avaient été truquées : autrement dit, ces séances d’acupuncture étaient, en réalité, accompagnées de l’administration d’anesthésiques locaux, de sédatifs ou d’autres moyens de maîtriser la douleur » [35].

Mais aucun truquage n’a jamais été révélé, les « sceptiques » inventent une histoire (voir aussi le cas Reston ci-dessous). Il est facile de vérifier que les publications des médecins américains des années 1970 décrivent précisément l’assistance médicamenteuse utilisée [références ci-dessus], et qu’ils ont fait le constat que cette assistance seule ne permettait pas la réalisation des interventions observées (comme d’ailleurs Nelly Darbois et coll. dans leur article). Des publications médicales chinoises en anglais comportant les protocoles précis étaient également accessibles au même moment [8, 9]. C’est à dire que dès le départ les données étaient à la disposition de la communauté médicale internationale. Indifférents à la littérature scientifique les « sceptiques » construisent une fable complotiste.

2- Le discours et la méthode « sceptique »


Analysant dans une première partie la séquence télévisée à l’aide de leurs « outils d’autodéfense » les auteurs concluent : « tous ces éléments montrent que cette séquence peut, malgré sa faible valeur argumentative, persuader le téléspectateur de la réalité de la situation décrite. Cependant, ils ne fournissent pas en eux-mêmes d’explication rationnelle à la situation présentée ».

Une mise en garde sur la présentation et l’interprétation médiatique d’un simple cas clinique isolé est tout à fait légitime, mais adressée à un lectorat médical elle enfonce une porte ouverte. Ce qui est en discussion n’est pas tant l’interprétation des faits par les journalistes que leur réalité même dans les conditions décrites. Le présupposé explicitement formulé est celui de l’irrationnalité d’une opération de chirurgie cardiaque sous acupuncture, c’est-à-dire son impossibilité. Ce présupposé comporte en lui-même la seule conclusion qui s’impose alors : celle d’une supercherie.

Dans la première partie de leur article les auteurs relèvent doctement à propos de la séquence télévisée un ensemble de biais cognitifs classiques (appel au témoignage, tri sélectif des informations, argument d’autorité, généralisation abusive… ), mais le paradoxe est que dans la deuxième partie ils vont les utiliser largement pour développer leur argumentation.

Tri sélectif de l’information et interprétation biaisée

Alors qu’un jugement scientifique solide est fondé sur l’analyse de l’ensemble des données disponibles, les auteurs effectuent « une recherche bibliographique [à] visée exploratoire sans prétendre à l’exhaustivité et la systématicité ». Leur objectif est un « bref état des lieux de la littérature existante concernant la chirurgie cardiaque sous anesthésie par acupuncture ».

Ils ne citent qu’une seule publication de rapport de cas, celle de l’équipe du Shuguang Hospital de 2011 qu’ils critiquent. Mais ces critiques portent sur des questions de forme (relecture par les pairs et données manquantes dans les résultats) et non de fond par rapport à la question posée (la faisabilité d’une intervention de chirurgie cardiaque dans les conditions décrites et observée). Ils notent curieusement que « l’intérêt d’une éventuelle anesthésie péridurale n’est pas discutée dans l’article ». Mais de leur analyse ils ne tirent pas la conclusion qui s’impose et soulignée plus haut : soit la publication démontre la faisabilité de ce qui est observé dans la séquence télévisée, soit elle recèle une fraude scientifique.

Sur leur recherche bibliographique exploratoire et leur bref état des lieux, les auteurs : 1) ignorent la plus grande partie des données disponibles en ne relevant qu’une seule étude, 2) ne retiennent pas cette étude comme élément de preuve en faveur de la crédibilité des faits, 3) mais au contraire interprètent l’absence de mention de péridurale comme un indice d’une péridurale masquée, et 4) ne tirent pas les conséquences appropriées de leur hypothèse.

Raisonnement circulaire et raisonnement complotiste

Pour parvenir à la démonstration de leur « hypothèse » les auteurs développent un raisonnement circulaire fallacieux, ce qu’ils entendent prouver étant, de fait, considéré comme établi dès la prémisse :

  1. [une anesthésie par acupuncture n’étant pas concevable, il convient de] « proposer une explication plus rationnelle des phénomènes observés »

Or nous savons que :

  • « L‘anesthésie péridurale est largement utilisée en Chine depuis les années 1950 ».
  • « Les techniques d’anesthésie régionale sont tout à fait compatibles [peuvent être combinées] avec l’acupuncture ».
  • « La péridurale est largement utilisable [seule] en chirurgie cardiaque ».
  • « Les publications relatives à la « chirurgie cardiaque sous acupuncture » mentionnent souvent une anesthésie locale et une sédation en complément de l’acupuncture mais ne discutent pas les techniques d’anesthésie régionales qui peuvent être associées » [l’absence de discussion est un indice de dissimulation].

Donc :

  • « il est probable que l’anesthésie est menée avec anesthésie péridurale non avouée, couplée à une sédation intraveineuse légère » [c’est la seule explication rationnelle, une anesthésie par acupuncture n’étant pas concevable].

D’autant plus que :

  • « Un parallèle peut être fait avec l’appendicectomie réalisée en urgence sur James Reston, un journaliste du New York Times accompagnant Richard Nixon en Chine en 1971 » [un cas de fraude a déjà été démasqué].
  • « La littérature ne permet pas à ce jour d’affirmer une efficacité spécifique de l’acupuncture comme adjuvant anesthésique dans les contextes chirurgicaux explorés [l’absence de démonstration d’efficacité comme adjuvant anesthésique témoigne d’une impossibilité des faits].

A la lecture de l’article on pense d’abord à un canular : un tel raisonnement, prétendant par ailleurs à une valeur pédagogique, parait totalement invraisemblable dans une publication signée notamment par des médecins, publiée dans une revue médicale, et de plus mettant en cause d’autres médecins. 

Acupuncture combinée à l’anesthésie régionale

Les auteurs observent que l’acupuncture peut être associée aux techniques d’anesthésie régionale, mais le fait que deux techniques A et B soient associées ne permet pas de conclure à l’impossibilité de A sans association à B. Les auteurs citent une étude de gastrectomie subtotale sous anesthésie combinée, mais ne citent pas les études mettant en évidence que ces interventions peuvent très bien se faire sous acupuncture sans anesthésie régionale associée (par exemple [36]).

Le cas James Reston

Le cas James Reston cité par Nelly Darbois et coll. est une fausse polémique créée et entretenue par la mouvance sceptique. En 1971 James Reston, journaliste célèbre du New York Times fait une crise d’appendicite aigue alors qu’il était à Beijing. Il est opéré sous anesthésie régionale, mais un iléus post-opératoire se déclare 48h après. Il est alors traité efficacement avec une séance d’ acupuncture-moxibustion et rapporte son expérience à la une de son journal [37]. Si l’acupuncture était couramment utilisée en France depuis les années 1930, ce n’était pas le cas à ce moment-là aux États-Unis. Ceci, ajouté à la notoriété du journaliste, à l’exposition en première page du New York Times et au contexte politique du moment (le séjour à Beijing d’Henry Kissinger et l’annonce du prochain voyage en Chine de Nixon) explique l’impact très important de l’article aux USA [38].

La narration des faits est très claire, mais les « sceptiques » (d’abord américains) vont quelques années après monter ce cas en épingle et accuser sur Internet les « tenants » de l’acupuncture d’avoir instrumentalisé le cas Reston pour le présenter comme un cas d’anesthésie par acupuncture [39]. On voit mal l’intérêt de l’instrumentalisation d’une anecdote sur une simple appendicectomie en regard du volume de la documentation scientifique disponible, notamment en chirurgie lourde. L’anecdote Reston est sans aucune importance sur le plan médical, mais elle est utilisée pour ouvrir une fausse polémique sur la toile.

Plus encore, par un nouveau glissement le cas Reston va être ensuite être utilisé comme la démonstration d’une fraude : ce qui avait été présenté comme une anesthésie par acupuncture n’était en fait … qu’une péridurale masquée comme sera supposé le révéler Reston lui-même. C’est bien ainsi que Nelly Darbois et coll. reformulent les faits : « James Reston a révélé lui-même dans les suites [plus tard] qu’une injection d’anesthésique local a été pratiquée dans son dos au préalable [de l’appendicectomie sous anesthésie par acupuncture]».

Le cas Reston est typique d’un fait manipulé et monté en épingle pour créer une controverse factice, alimentant une rumeur conspirationniste. Cette rumeur va diffuser largement dans le milieu qui lui a donné naissance (la mouvance sceptique) pour renforcer sa croyance (l’acupuncture comme charlatanisme), devenant un marqueur fort de son discours. Le sens du parallèle fait avec le cas Reston dans l’article de Nelly Darbois et coll. est clair : une analogie avec un cas rapporté comme étant une péridurale dissimulée et finalement démasquée.

L’acupuncture comme adjuvant thérapeutique

Les auteurs citent cinq revues systématiques évaluant l’efficacité de l’acupuncture associée à une anesthésie générale ou régionale. Une seule concerne la chirurgie cardiaque et elle énonce clairement des résultats positifs pour l’acupuncture [40]. Mais elle est, en un tour de main, réinterprétée négativement par Nelly Darbois et coll. En tout état de cause, la réponse à la question posée par ces revues systématiques (l’intérêt de l’acupuncture associée à une anesthésie générale ou régionale) ne répond pas à la question posée par la séquence télévisée (la faisabilité d’une opération de chirurgie cardiaque sans anesthésie régionale associée).

La revue d’ Asmussen et coll. dans le contexte de chirurgie cardiaque [40] inclut une étude déjà citée [22]. Il s’agit d’un essai contrôlé randomisé comparant dans des interventions à cœur ouvert pour communication interauriculaire trois techniques anesthésiques différentes : 1) anesthésie générale, 2) anesthésie générale plus acupuncture, 3) anesthésie par acupuncture. Le protocole décrit pour l’anesthésie par acupuncture est similaire à celui de l’équipe du Shuguang Hospital. Compte tenu de l’objectif de leur revue (l’acupuncture comme adjuvant anesthésique), Asmussen et coll. logiquement excluent de leurs méta-analyses le troisième bras. Mais la présence de ce troisième bras démontre bien la faisabilité d’intervention de chirurgie cardiaque dans les conditions décrites, sauf à considérer que ce troisième bras était fictif ou dissimulait une péridurale. La construction et la publication d’un tel essai clinique falsifié relèverait alors d’un plan machiavélique dont on se demande quel pourrait bien être l’objectif.

Parcimonie des hypothèses

La parcimonie des hypothèses (rasoir d’Ockham) est un principe qui énonce que parmi l’ensemble des hypothèses envisagées, il convient toujours de privilégier la plus simple, la moins coûteuse intellectuellement. Au terme de leur analyse et au nom de la parcimonie des hypothèses, les auteurs retiennent « la présence dissimulée d’une anesthésie péridurale ». Cette hypothèse « parcimonieuse » est, par ses conséquences implicites, une hypothèse complotiste abracadabrantesque. Il s’agirait au final, grâce à l’utilisation d’« outils d’autodéfense intellectuelle » appliqués à une séquence télévisée, du dévoilement d’une immense fraude scientifique sur des centaines de publications visant à faire croire à la réalisation d’interventions chirurgicales sous anesthésie par acupuncture y compris en chirurgie lourde et chirurgie à cœur ouvert. Cette mystification impliquerait une bonne partie de la communauté médicale chinoise avec des ramifications et complicités (par idéologie ou naïveté) internationales. Elle perdurerait depuis cinquante ans avec, sur des générations successives, un nombre considérable d’acteurs et de témoins, dans des contextes politiques et sociaux variables. Le tout sans jamais être démasquée et pour un mystérieux objectif.

La parcimonie des hypothèses devrait plutôt conduire à privilégier l’hypothèse rationnelle d’un effet analgésique de l’acupuncture, effet d’un niveau permettant la réalisation d’intervention de chirurgie cardiaque dans les conditions décrites.

Le dénialisme complotiste des « sceptiques »

Le terme « négationnisme » est utilisé en français pour désigner plus particulièrement le refus d’admettre la réalité de la Shoah, et plus généralement d’un fait historique. En ce qui concerne le domaine scientifique on parle de « dénialisme » : ainsi du refus d’admettre la réalité du réchauffement climatique, de la théorie de l’évolution, de la toxicité des pesticides ou encore du tabagisme passif. Les « sceptiques » développent un dénialisme vis-à-vis de la réalité de l’anesthésie par acupuncture. Il y a un lien idéologique entre ces différents types de dénialisme comme le montre la figure de Peter Skrabanek, acteur important du dénialiste sur le tabagisme passif (étant par ailleurs en lien occulte avec les cigarettiers), mais qui a été également le premier à formaliser sur le même modèle la rhétorique « sceptique » sur l’acupuncture [41].

Le discours « sceptique » a les caractéristiques dénialistes [42] : le tri sélectif de l’information, un argumentaire prêt à emploi avec les mêmes marqueurs, l’indifférence à la réalité et à l’évolution de la littérature scientifique, la création de fausses controverses et de polémiques violentes, les raisonnements fallacieux, les idées conspirationnistes, la réfutation systématique de toute preuve par nature insuffisante, biaisée ou frauduleuse. Ce dernier point est une caractéristique centrale du discours dénialiste bien mis en évidence à propos du tabac [43, 44] : le dénigrement systématique des publications n’allant pas dans le sens souhaité et l’exigence d’un standard de preuves « sur mesure », inusité par ailleurs et d’un niveau si élevé qu’il devient impossible à atteindre.

C’est cette méthode qui fait de l’acupuncture un sujet facile de controverse : les preuves en sa faveur pourront toujours être jugées insuffisantes et biaisées par rapport à un idéal jamais atteint en médecine. Toute publication peut ainsi être facilement récusée. Si les trois auteurs kinésithérapeutes appliquaient à leur domaine la même exigence et la même façon d’interpréter les preuves, leurs pratiques (comme d’ailleurs celles d’une grande partie de la médecine) figureraient en très bonne place parmi les thérapeutiques non éprouvées.

L’objectif dénialiste-sceptique est la fabrique du doute : maintenir la controverse sur l’acupuncture active, affirmer constamment et péremptoirement l’insuffisance des preuves, puis par glissement leur absence, et au final l’évidence d’un placebo et d’une charlatanerie. Et quand la preuve est trop forte une fraude est dénoncée.

3- La question éthique


L’accusation de supercherie dans une revue médicale à l’encontre de médecins en l’absence de tout élément de preuve, au terme d’un raisonnement fallacieux, pose une très sérieuse question d’éthique scientifique. Cela concerne les auteurs, mais également la revue médicale à comité de lecture qui en a assuré la publication.

À l’évidence les auteurs se veulent des « debunkers », des démystificateurs de croyances aberrantes. Ils sont dans la posture de Gérard Majax, idole « sceptique », débusquant la fraude médiatique d’Uri Geller qui prétendait tordre des cuillères à distance. La croyance aberrante qu’ils veulent démasquer est l’anesthésie par acupuncture.

Cette posture, qui s’accompagne d’une indifférence assumée à la réalité de la littérature scientifique sur le sujet concerné, est indigne dans une revue académique. Les auteurs relayent le discours complotiste sceptique et lui donnent un habillage pseudo-scientifique. Ils mettent en perspective leur article avec la pétition du collectif Fakemed [45]. Effectivement il s’agit bien de la même mouvance, avec le même discours, les mêmes méthodes et les mêmes manquements éthiques.

Le débat scientifique autour de l’acupuncture, son efficacité, ses indications et son mécanisme d’action est légitime comme il est légitime pour toute thérapeutique. Mais ce débat est pollué à tous les niveaux par les sceptiques-nofakemed qui mènent un combat idéologique et entretiennent des controverses toxiques et violentes. Aucune science n’est possible si l’éthique scientifique n’est pas respectée, si des accusations sans preuve de fraude sont portées, si ce dont il est question est d’emblée et d’autorité disqualifié comme pseudomédecine [2].

L’acupuncture est le champ de travail d’une partie de la communauté médicale. Elle est l’objet au niveau international d’une recherche clinique et expérimentale intense (plus de 30.000 références dans PubMed, près de 2.000 par an, le double dans les bases de données chinoises). Des revues médicales majeures publient des études sur l’acupuncture (par exemple [46, 47]). L’acupuncture est objet de science et est apte à répondre positivement aux exigences de standards élevés. Les résultats de cette recherche sont à la disposition de celui qui s’y intéresse et qui entreprend d’interroger la littérature scientifique, étape obligée de la démarche scientifique.

Sur le plan clinique, toutes les données probantes (à ce jour 1700 revues systématiques et méta-analyses) sont répertoriées en continu dans le Centre de preuves en acupuncture. Ces données probantes se traduisent par l’inclusion positive de l’acupuncture dans un nombre très important de recommandations de bonne pratique de sociétés savantes nationales et internationales (également répertoriées dans le Centre de preuve en acupuncture). L’acupuncture figure ainsi comme thérapeutique recommandée dans plusieurs dizaines de pathologies. Les recommandations de l’European Association of Urology au plus haut niveau de preuve dans la prostatite chronique et syndrome douloureux pelvien chronique (PC/SDPC) sont exemplaires par leur évolution sur les 20 dernières années [48].

À partir du moment où une thérapeutique a fait la preuve de son efficacité dans un ensemble de pathologies et où elle figure dans les recommandations de très nombreuses sociétés savantes, l’accusation publique, malgré cela, de charlatanisme ou de fraude a des conséquences. Elle conduit une partie des patients à se priver de soins efficaces et sûrs pour se tourner vers des thérapeutiques non éprouvées ou plus susceptibles d’effets secondaires. C’est-à-dire qu’il convient d’inverser l’argument classique de perte de chance utilisé dans l’article de Nelly Darbois et coll.

Une petite partie du corps médical entend imposer dans notre champ professionnel et académique ses convictions idéologiques dénialistes sur l’acupuncture, sans aucune considération pour les règles de la démarche scientifique et encore moins pour son éthique. Elle procède par pétitions injurieuses et accusations grotesques de nature complotiste. Elle participe, à l’opposé de ses prétentions, à une remise en question générale de la science et de ses valeurs dans la société.

Johan Nguyen

Références


  1. Darbois N, Evain J, Guillaud A, Lilot M, Pinsault N. Une opération à cœur ouvert sous acupuncture ? Décryptage d’une émission diffusée sur France 2. Santé publique : revue multidisciplinaire pour la recherche et l’action. 2018;30(4):455-64. [176000]. | doi |
  2. https://cortecs.org/
  3. Nguyen J. Anesthésie par acupuncture en chirurgie cardiaque à cœur ouvert. Acupuncture & Moxibustion. 2007;6(4):292. [47011]. | doi |
  4. Shen Wei-Dong, Zhou Jia, Li Guo-An, Chi Hao, Fu Guo-Qiang, Zhu Zhan-Ming, Ma Wen. Pulmonary valvulotomy and valvuloplasty under drug assisted acupuncture anesthesia. Journal of Acupuncture and Tuina Science.2007.5(1):61. [146216]. | doi |
  5. Zhou J, Chi H, Cheng To, Chen Ty, Wu Yy, Zhou Wx, Shen Wd, Yuan L. Acupuncture anesthesia for open heart surgery in contemporary china. Int J Cardiol.2011.150(1):12-6. [156384]. | doi |
  6. Chi H, Zhou WX, Wu YY, Chen TY, GE W, Yuan L, Shen WD, Zhou J. [Electroacupuncture intervention combined with general anesthesia for 80 cases of heart valve replacement surgery under cardiopulmonary bypass]. Acupuncture Research.2014.39(1):1-6. [171971]. | doi |
  7. First Affiliated Hospital of Xi’an Medical College. [Acupuncture anesthesia and normal temperature cardiopulmonary bypass open heart surgery in 5 cases]. Shaanxi Medical Journal. 1973;5:3-7.[143505]. | doi |
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Références




Mots-clés : Anesthésie - Douleur - Histoire - Sceptiques