
Essai contrôlé randomisé multicentrique
| Chen L1,2, Liu Q1,3, Pei L1, Geng H1, Liu Y4, Yang Z5, Ding M6, Shen R7, Chen M8, Lu J9, You D10, Wu X11, Zhou J1, Hu L1, Guo B1, Sun S10, Chen F1, Zhao Z12, Zhai Y1, Chen Z1, Li Z4, Yao W5, Feng H6, Lu C7, Liu Y8, Shi J9, Guo J1, Sun J1,2. Effect of Electroacupuncture on Postherpetic Neuralgia: A Randomized Clinical Trial. JAMA Neurol. 2026 Jul 1;83(7):667-676. [1] |
2Key Laboratory of Acupuncture and Medicine Research of Ministry of Education, School of Acupuncture-moxibustion and Tuina, Health and Prevention, Nanjing University of Chinese Medicine, Nanjing, Jiangsu, China.
3School of Acupuncture-moxibustion, Tuina and Rehabilitation, Hunan University of Chinese Medicine, Changsha, Hunan, China.
4Department of Acupuncture, Huai'an Hospital of Traditional Chinese Medicine, Huai'an, Jiangsu, China.
5Department of Acupuncture, Lianyungang Hospital of Traditional Chinese Medicine, Lianyungang, Jiangsu, China.
6Department of Acupuncture, Wuxi Traditional Chinese Medicine Hospital, Wuxi, Jiangsu, China.
7Department of Acupuncture, Nantong Hospital of Traditional Chinese Medicine, Nantong, Jiangsu, China.
8Department of Acupuncture, Shuyang Hospital of Traditional Chinese Medicine, Suqian, Jiangsu, China.
9Department of Acupuncture, Nanjing Hospital of Chinese Medicine affiliated to Nanjing University of Chinese Medicine, Nanjing, Jiangsu, China.
10Department of Biostatistics, School of Public Health, Nanjing Medical University, Nanjing, Jiangsu, China.
11Department of Acupuncture, Nanjing University of Chinese Medicine Second Affiliated Hospital, Nanjing, Jiangsu, China.
12Department of Acupuncture, Danyang Hospital of Traditional Chinese Medicine, Teaching Hospital of Nanjing University of Chinese Medicine, Danyang, Jiangsu, China.
L'étude
Lieu
Essai multicentrique conduit dans sept hôpitaux tertiaires chinois entre octobre 2020 et septembre 2022.
Objectif
Évaluer l’efficacité et la sécurité de l’électroacupuncture dans la névralgie post-zostérienne.
Patients
Les patients devaient répondre aux critères suivants :
- être âgés de 45 à 75 ans ;
- présenter une névralgie post-zostérienne, définie par la persistance de douleurs dans le territoire du zona au-delà de 90 jours après le début de l’éruption ;
- présenter une douleur d’intensité modérée à sévère, définie par un score ≥ 4/10 sur une échelle numérique.
La prise d’un seul traitement antalgique stable de la névralgie post-zostérienne — notamment prégabaline, gabapentine ou carbamazépine — était autorisée, à condition qu’il ait été maintenu à dose stable pendant au moins 14 jours avant l’inclusion.
Interventions
448 patients sont randomisés en deux groupes :
- Groupe acupuncture (n = 225) : électroacupuncture ipsilatérale (figure1).
- Groupe fausse acupuncture (n = 223) : fausse électroacupuncture aux mêmes points, mais avec des aiguilles à pointe émoussées non pénétrantes et un support adhésif isolant empêchant le passage du courant (figure 1 et 2).
Dans les deux groupes, le traitement comportait 20 séances en quatre semaines, à raison de cinq séances par semaine.
Le paracétamol, à une dose maximale de 2 g par jour, pouvait être utilisé comme traitement antalgique de secours.
Figure 1. Protocole d’acupuncture et de fausse acupuncture (d’après Chen et al., 2026).
Figure 2. Détails du protocole (Chen et al., 2026).
A – Points d’acupuncture. B – Procédures d’électroacupuncture et de fausse électroacupuncture (aiguilles à pointe émoussée), avec support adhésif isolant. C – Connexion des électrodes.
Critères d’évaluation
Critère principal
- variation de l’intensité de la douleur sur l’échelle numérique entre l’inclusion et la quatrième semaine.
- analyse complémentaire préspécifiée : proportion de patients répondeurs, définis par une diminution d’au moins 30 % du score de douleur.
Critères secondaires
- douleur : intensité (EVA et échelle verbale), seuil mécanique, étendue de la zone douloureuse, fréquence et durée des épisodes, caractéristiques de la douleur (SF-MPQ-2) et retentissement fonctionnel (ZBPI) ;
- état psychologique : anxiété, dépression et affect positif (DAPOS) ;
- impression globale d’amélioration du patient (PGIC) ;
- événements indésirables.
Les patients étaient suivis pendant quatre semaines après la fin du traitement, soit jusqu’à la semaine 8
Principaux résultats
Critère principal
- À la quatrième semaine, le score de douleur sur l’échelle numérique de 0 à 10 diminuait de 1,52 point dans le groupe acupuncture contre 0,99 point dans le groupe fausse acupuncture. La différence ajustée entre les groupes était de −0,53 point (IC95 % : −0,61 à −0,43), statistiquement significative mais inférieure au seuil de 1,5 point retenu a posteriori comme différence minimale cliniquement importante.
- Une diminution d’au moins 30 % du score de douleur était observée chez 46,7 % des patients sous électroacupuncture contre 24,3 % sous fausse électroacupuncture, soit une différence ajustée de 22,4 points de pourcentage (IC95 % : 13,0 à 31,8).
Figure 3. Évolution de la douleur et du taux de répondeurs au cours du traitement et du suivi (Chen et al., 2026).
A – Variation moyenne du score de douleur sur échelle numérique (NRS-11) par rapport à l’inclusion. B – Proportion de patients répondeurs (diminution ≥ 30 % du score de douleur). Dans les deux groupes, l’amélioration s’accentue au fil du traitement. La différence en faveur de l’acupuncture devient statistiquement significative dès la deuxième semaine, est maximale à la quatrième semaine et persiste à la huitième semaine, quatre semaines après l’arrêt du traitement.
Critères secondaires
- À la semaine 8, soit quatre semaines après l’arrêt du traitement, l’amélioration de la douleur persistait en faveur du groupe acupuncture, tant sur le score de douleur que sur le taux de répondeurs.
- Des bénéfices étaient également observés sur plusieurs autres évaluations subjectives de la douleur, son retentissement fonctionnel et l’impression globale d’amélioration.
- L’anxiété s’améliorait dès la semaine 4, puis l’anxiété et la dépression à la semaine 8. En revanche, aucune différence n’était observée sur le seuil mécanique de la douleur, l’étendue de la zone douloureuse, ni la fréquence ou la durée des épisodes.
- Dans les analyses post hoc, le groupe acupuncture recourait moins souvent aux antalgiques de secours et réduisait plus fréquemment les traitements antalgiques concomitants.
- Les événements indésirables étaient peu nombreux et mineurs, sans événement grave rapporté.
Conclusions des auteurs
L’acupuncture est associée à une amélioration statistiquement significative de la douleur et du taux de répondeurs par rapport à la fausse acupuncture, malgré une différence moyenne n’atteignant pas le seuil de pertinence clinique retenu a posteriori. Les auteurs considèrent qu’elle pourrait constituer une option non pharmacologique dans la prise en charge de la névralgie post-zostérienne.
Commentaires
Le zona est une affection fréquente dont l’incidence augmente fortement avec l’âge. En Europe, elle est estimée à environ 2 à 4 cas pour 1 000 personnes-années avant 50 ans et atteint près de 10 pour 1 000 après 80 ans. La névralgie post-zostérienne — définie par la persistance d’une douleur au-delà de 90 jours après l’éruption — survient chez environ 10 à 15 % des patients, avec une fréquence nettement plus élevée chez les sujets âgés.
Sa prise en charge reste souvent difficile malgré les traitements pharmacologiques disponibles, ce qui explique l’intérêt porté à différentes approches non pharmacologiques.
Le protocole d'acupuncture
Revue des pratiques
Li Q et al. (2025 [2]) analysent, par data mining, les protocoles d’acupuncture rapportés dans la littérature indexée dans quatre bases bibliographiques chinoises (CNKI, CBM, WanFang et VIP) concernant la névralgie post-zostérienne, jusqu’en janvier 2025. Au total, 349 publications ont été retenues, permettant d’extraire 356 prescriptions comprenant 98 points distincts. L’analyse porte sur la fréquence et la répartition des points (figure 4), leurs associations et regroupements, ainsi que sur les techniques utilisées (figure 5). Les points du protocole de Chen et al. figurent parmi les plus fréquemment utilisés, montrant que ce protocole s’inscrit dans les pratiques courantes. L’électroacupuncture, en revanche, ne représente que 15 % des techniques rapportées.
Figure 4. Points d’acupuncture les plus fréquemment utilisés dans la névralgie post-zostérienne (d’après Li et al., 2025).
Fréquence d’utilisation (%) dans 356 prescriptions ; 16 points avec ≥ 20 occurrences.
Figure 5. Répartition des techniques d’acupuncture dans les 356 prescriptions extraites de 349 publications sur la névralgie post-zostérienne (d’après Li et al., 2025).
Lignes directrices chinoises 2026
En 2026, un ensemble de sociétés savantes chinoises, dont la Pain Society of the Chinese Medical Association, a publié un consensus d’experts sur la prise en charge de la névralgie post-zostérienne, associant médecine "occidentale" et médecine chinoise [3].
Recommandation 14 — Acupuncture
Il est recommandé d’utiliser l’acupuncture tout au long de la prise en charge de la névralgie post-zostérienne (PHN). La stratégie de sélection des points repose sur la différenciation des syndromes, en associant des points choisis selon les méridiens et des points ashi locaux.
Niveau de preuve Ia — recommandation B.
Le protocole de l'essai multicentrique de Chen et al. s’inscrit en grande partie dans cette logique en associant aux points locaux ashi le couple 6TR - 34VB. Ces derniers appartiennent respectivement au shaoyang de la main et au shaoyang du pied, dont les trajets parcourent les régions latérales du corps. Dans les traités institutionnels chinois, cette association est particulièrement indiquée pour les douleurs costales (Shanghai Zhenjiu Xue 1973 [4]) et est d’ailleurs utilisée à visée antalgique dans la prise en charge des fractures de côtes (Liu 2022 [5]).
Par contre le protocole de Chen et al. ne reprend pas la préconisation d'un traitement associé selon la différenciation des zheng. Les lignes directrices chinoises distinguent quatre formes cliniques de névralgie post-zostérienne (tableau I).
Tableau I. Différenciation des zheng dans la névralgie post-zostérienne (consensus chinois 2026).
La norme chinoise de référence pour la différenciation des zheng, « Criteria of Diagnosis and Therapeutic Effect of Diseases and Syndromes in Traditional Chinese Medicine », a été publiée en 1994 [6]. Pour le zona aigu, elle distinguait trois types de zheng. Pour la névralgie post-zostérienne, le consensus de 2026 reprend cette catégorisation en y ajoutant un quatrième : le Vide de qi et stagnation du sang.
Si le spectre des zheng reste quasi constant, la comparaison des deux classifications montre toutefois une évolution de leur contenu sémiologique liée à la chronicisation :
- Dans le zona aigu, les lésions cutanées participent directement à la différenciation des deux premières formes : elles sont rouges avec des vésicules tendues dans la stagnation de Chaleur dans le méridien du Foie, et plus pâles avec des vésicules à parois relâchées dans le Vide de Rate avec accumulation d’Humidité. Ces caractères cutanés disparaissent logiquement dans la névralgie post-zostérienne, très à distance de la phase éruptive.
- La stase de qi et stagnation du sang occupe une place particulière : dès 1994, elle est définie par la persistance de la douleur après cicatrisation des lésions cutanées. Elle correspond donc déjà à un tableau post-éruptif très proche de la névralgie post-zostérienne.
- Le vide de qi et stagnation du sang traduit le passage d’un tableau à douleur prédominante, à une douleur moins marquée mais accompagnée de signes nets de vide, notamment au niveau de la triade physique teint–langue–pouls.
Si les lignes directrices de 2026 recommandent d’adapter le choix des points à la différenciation syndromique, elles n’en précisent pas les prescriptions correspondantes. Le protocole du Zhejiang Hospital (Jin 2021 [7]), concernant le zona aigu et la névralgie post-zostérienne, fournit un exemple d’application pratique (tableau II).
* Électroacupuncture 30 minutes des points jiaji : ondes alternées 2/100 Hz en cas de douleur intense, 2–15 Hz en cas d’endolorissement ou de douleur sourde.
Tableau II. Protocole de traitement du zona aigu et de la névralgie post-zostérienne au Zhejiang Hospital, associant traitement local, points distaux selon la localisation et traitement selon les zheng (d'après Jin X, 2021).
Le protocole du Zhejiang Hospital introduit une variable supplémentaire, la localisation du zona, qui module le choix des points distaux. Cette adaptation topographique n’est pas retenue dans l’essai multicentrique de Chen et al., où le couple 6TR–34VB est utilisé quelle que soit la localisation, alors que seuls 42 % des patients inclus présentaient une atteinte thoracique.
Nommer le zona
Dans le Yizong Jinjian (1742), le zona est nommé par des termes imagés tels que « plaie en chapelet de serpent » (蛇串疮) ou « feu qui ceinture la taille » (缠腰火丹). En Occident, herpes renvoie étymologiquement à l’idée de « ramper », tandis que zoster et zona évoquent la « ceinture ». Dès l’Antiquité, herpes et zona sont utilisés dans un sens médical, zona étant considéré comme une forme abrégée de zona ignea, « ceinture de feu » (Schott, 2017)1.
Dans les deux traditions savantes, la dénomination et la description du zona procèdent ainsi de caractères immédiatement perceptibles de la maladie et font émerger des images remarquablement proches : « reptation » (apparition successive et extension progressive des lésions, de proche en proche), « ceinture » et « feu ».
À partir d’une même observation clinique, les deux traditions opèrent ensuite un même déplacement conceptuel : une qualité perceptible de la maladie — chaleur ou brûlure — est secondairement érigée en principe causal.
Évaluation de l'acupuncture
Pei et al. (2019 [8]) ont réalisé une revue systématique et méta-analyse de 8 ECR (498 patients) évaluant l’acupuncture dans la névralgie post-zostérienne. L’analyse globale montre une réduction de la douleur par rapport aux groupes contrôle (SMD −1,78 ; IC95 % −2,36 à −1,21), avec toutefois une forte hétérogénéité (I² = 86 %). La certitude des preuves pour ce critère était jugée modérée selon GRADE.
L’arrivée d’un ECR multicentrique incluant à lui seul 448 patients, comparant l’électroacupuncture à une fausse acupuncture, avec une méthodologie rigoureuse et publié dans JAMA Neurology, marque un tournant important dans l’évaluation clinique de l’acupuncture pour la névralgie post-zostérienne.
L’étude met en évidence une différence statistiquement significative sur la douleur en faveur de l’électroacupuncture. Sur le plan de la pertinence clinique, la différence moyenne intergroupe n’atteint toutefois pas la DMCI retenue a posteriori. En revanche, la proportion de patients obtenant une réduction d’au moins 30 % de la douleur est significativement plus élevée dans le groupe électroacupuncture. Ces résultats doivent être mis en perspective avec ceux des autres thérapeutiques disponibles (encadré).
Pertinence clinique Comparer selon les mêmes critères
Dans l’ECR multicentrique de Chen et al. 1, l’acupuncture entraîne une diminution de la douleur statistiquement supérieure à celle observée avec la fausse acupuncture, mais l’écart entre les deux groupes n’atteint pas la différence minimale cliniquement importante (DCMI) de 1,5 point retenue a posteriori par les auteurs. En revanche, la proportion de patients obtenant une réduction d’au moins 30 % de la douleur — le taux de répondeurs — est significativement plus élevée avec l’acupuncture.
Nous avions relevé la même dissociation entre différence moyenne et taux de répondeurs dans l’analyse d’un ECR 2 évaluant l’efficacité de l’acupuncture dans le canal lombaire étroit. Ces résultats renvoient à deux approches complémentaires de la pertinence clinique.
Cette dissociation peut notamment s’expliquer lorsque les réponses thérapeutiques présentent une distribution bimodale, proche d’un profil « tout ou rien » : les réponses sont soit particulièrement fortes, soit particulièrement faibles, et rarement intermédiaires. La différence moyenne devient alors peu représentative du bénéfice effectivement obtenu par les patients. C’est ce qu’ont montré Moore et al. 3 dans leur analyse individuelle des données sur la duloxétine dans la douleur chronique, conduisant à privilégier les taux de répondeurs pour apprécier l’efficacité clinique.
Le taux de répondeurs comme critère comparatif
Dans les principales synthèses sur les traitements pharmacologiques de la douleur neuropathique, l’efficacité des traitements est principalement appréciée à partir du taux de répondeurs, dont est dérivé le nombre de patients à traiter (NNT). C’est notamment l’approche retenue par le NeuPSIG, groupe international de référence sur la douleur neuropathique au sein de l’International Association for the Study of Pain (IASP), dans ses méta-analyses et recommandations publiées par Finnerup et al. 4 en 2015 puis mises à jour par Soliman et al. 5 en 2025.
Dans l’essai de Chen 1, c’est donc le taux de répondeurs qui constitue le critère le plus pertinent pour comparer l’acupuncture aux autres traitements de la douleur neuropathique. À 4 semaines, 46,7 % des patients sont répondeurs sous acupuncture contre 24,3 % sous fausse acupuncture, soit une différence absolue de 22,4 %, correspondant à un nombre de patients à traiter (NNT) d’environ 4,5. Ce résultat est au moins équivalent à ceux rapportés pour les traitements pharmacologiques de première ligne de la douleur neuropathique. Cette comparaison reste toutefois indicative : dans l’essai de Chen, le NNT repose exclusivement sur un seuil de réponse de 30 %, tandis que NeuPSIG 5 agrège selon les essais des réponses à 50 %, à 30 % ou un soulagement modéré.
La DCMI appliquée aux traitements de référence
Inversement, si l’on applique à la gabapentine la même DCMI que celle retenue dans l’essai de Chen, elle n’atteint pas davantage ce seuil de pertinence clinique. Dans la méta-analyse de Zhang 2018 6, la différence moyenne versus placebo est de 0,91 point, donc inférieure au seuil de 1,5 point utilisé a posteriori par Chen. La gabapentine est pourtant un traitement de référence de première ligne dans la douleur neuropathique.5
Comme nous l’avions déjà montré à propos de la lombalgie chronique 7, appliquer isolément à l’acupuncture un seuil de DCMI particulier conduit à une appréciation biaisée de sa pertinence clinique.
- Chen L, Liu Q, Pei L, Geng H, Liu Y, Yang Z, et al. Effect of electroacupuncture on postherpetic neuralgia: a randomized clinical trial. JAMA Neurol. 2026 Jul 1;83(7):667-676. https://doi.org/10.1001/jamaneurol.2026.1443.
- Goret O, Nguyen J. Efficacité de l’acupuncture dans le canal lombaire étroit. Acupuncture Preuves & Pratiques. Août 2026. https://gera.fr/canal-lombaire-etroit-acupuncture/
- Moore RA, Cai N, Skljarevski V, Tölle TR. Duloxetine use in chronic painful conditions—individual patient data responder analysis. Eur J Pain. 2014;18(1):67-75. https://doi.org/10.1002/j.1532-2149.2013.00341.x.
- Finnerup NB, Attal N, Haroutounian S, McNicol E, Baron R, Dworkin RH, et al. Pharmacotherapy for neuropathic pain in adults: a systematic review and meta-analysis. Lancet Neurol. 2015;14(2):162-173. https://doi.org/10.1016/S1474-4422(14)70251-0.
- Soliman N, Moisset X, Ferraro MC, de Andrade DC, Baron R, Belton J, Bennett DLH, et al.; NeuPSIG Review Update Study Group. Pharmacotherapy and non-invasive neuromodulation for neuropathic pain: a systematic review and meta-analysis. Lancet Neurol. 2025;24(5):413-428. https://doi.org/10.1016/S1474-4422(25)00068-7.
- Zhang M, Gao CX, Ma KT, Li L, Dai ZG, Wang S, Si JQ. A meta-analysis of therapeutic efficacy and safety of gabapentin in the treatment of postherpetic neuralgia from randomized controlled trials. Biomed Res Int. 2018;2018:7474207. https://doi.org/10.1155/2018/7474207.
- Nguyen J. Traitement des lombalgies chroniques : la Cochrane sort du chapeau un seuil de pertinence clinique ad hoc pour l’acupuncture. Acupuncture Preuves & Pratiques. Mars 2021. https://gera.fr/acupuncture-lombalgie-cochrane/
Recommandations de bonne pratique
Aucune recommandation de bonne pratique spécifiquement consacrée à la névralgie post-zostérienne et publiée au cours de la dernière décennie n’a inclus l’acupuncture dans son évaluation, à l’exception du consensus chinois de 2026 [3], qui lui attribue un niveau de preuve Ia et une recommandation de grade B.
Si l’on élargit l’analyse aux recommandations consacrées à la douleur neuropathique de manière générale [9], trois documents publiés depuis 2020 ont évalué l’acupuncture : elle est préconisée dans une recommandation (Belgique, 2023) et non préconisée dans deux autres (Canada, 2022 ; France, 2020). Ces deux dernières reposent toutefois sur un corpus limité d’ECR, respectivement trois pour le Canada et un pour la France, alors que les données disponibles dans le champ des douleurs neuropathiques apparaissent sensiblement plus larges, notamment pour les neuropathies périphériques induites par chimiothérapie. La recommandation française de la SFETD (Société française pour l'étude et le traitement de la douleur [10]) ne s’appuie ainsi que sur un seul essai pilote de 24 patients évaluant l’acupuncture auriculaire sur les douleurs neuropathiques après lésion médullaire.
Si l’on considère maintenant l’ensemble du champ des douleurs neuropathiques documentées — névralgie post-zostérienne [11], neuropathie diabétique [12], douleur neuropathique après lésion médullaire [13], douleur centrale post-AVC [14] ou neuropathie périphérique induite par chimiothérapie [15] —, 12 recommandations de bonne pratique publiées entre 2020 et 2026 ont évalué l’acupuncture ; 9 formulent une recommandation favorable et 3 une recommandation défavorable (figure 7).
Figure 7. Douleurs neuropathiques : recommandations de bonne pratique ayant inclus l’acupuncture dans leur analyse (2020–2026) — Evidence in Acupuncture, 2026.
✓ recommandation positive ; × absence de recommandation ou recommandation négative.
La douleur neuropathique ne désigne pas une maladie homogène mais un regroupement physiopathologique de situations cliniques très diverses. Ce cadre a largement structuré l’évaluation thérapeutique, particulièrement pharmacologique, avec une extrapolation fréquente entre des populations pourtant très différentes : personnes âgées avec névralgie post-zostérienne, patients diabétiques ou femmes avec cancer du sein sous chimiothérapie. Cette hétérogénéité porte ainsi sur l’âge, les comorbidités et le risque d’effets indésirables, susceptibles de modifier le rapport bénéfice-risque d’un même traitement. Une conclusion globale sur les « douleurs neuropathiques » ne doit donc pas être confondue avec une conclusion démontrée séparément dans chacune de ces populations. Ce point doit être pris en compte dans toute évaluation comparative de l’acupuncture.
La prévention des névralgies post-zostériennes au cours du zona aigu
Acupuncture.L’effet préventif de l’acupuncture pratiquée au cours du zona aigu a notamment été évalué par comparaison directe avec les traitements antiviraux. Dans la méta-analyse de Cui et al. (2021 [16]), 21 ECR comparaient l’acupuncture à un traitement antiviral ; six, totalisant 684 patients, évaluaient la survenue ultérieure d’une névralgie post-zostérienne. Ils montraient une nette réduction sous acupuncture (RR 0,17 ; IC95 % 0,10–0,27), avec une certitude des preuves jugée modérée selon GRADE. Une seconde méta-analyse (Qi 2022 [17]) retrouve un résultat concordant sur un corpus plus restreint et plus hétérogène. Ces données suggèrent ainsi un effet préventif, mais leur portée reste limitée par la qualité méthodologique des essais et l’absence de standardisation de la définition et du suivi de la NPZ.
Antiviraux. Les recommandations européennes EDF/EADV (2017 [18]) préconisent un traitement antiviral chez tout patient de 50 ans ou plus atteint de zona. En France, la VIDAL Reco « Zona » (2024 [19]) retient également l’âge supérieur à 50 ans comme facteur de risque et recommande, en prévention des algies post-zostériennes, le famciclovir ou le valaciclovir débutés dans les 72 heures. Cette stratégie conduit ainsi à traiter une large population de patients sur le seul critère de l’âge. Il est notable que ces deux recommandations citent comme référence la revue Cochrane de Chen et al. (2014 [20]), qui ne montre pas de réduction de l’incidence de la NPZ avec l’aciclovir ni avec le famciclovir versus placebo et conclut à l’insuffisance des preuves pour les autres antiviraux.
L'essentiel à retenir
Un grand essai multicentrique chinois publié dans JAMA Neurology apporte des données robustes en faveur de l’acupuncture dans la névralgie post-zostérienne.
Cet essai renforce un ensemble déjà convergent de données favorables à l’acupuncture dans la névralgie post-zostérienne et, plus largement, dans les douleurs neuropathiques, domaine où plusieurs recommandations cliniques se sont déjà prononcées positivement.
Le protocole utilisé — association de points locaux (ashi) et distaux — est globalement cohérent avec les préconisations des lignes directrices chinoises 2026.
Sur le plan méthodologique, l’essai permet de souligner, dans l’évaluation des douleurs neuropathiques, la place majeure du taux de répondeurs, qui apprécie la proportion de patients obtenant une amélioration cliniquement significative, plutôt que de s’en tenir à la seule différence moyenne entre groupes.
Dr Johan Nguyen
Références
- Chen L, Liu Q, Pei L, Geng H, Liu Y, Yang Z, Ding M, Shen R, Chen M, Lu J, You D, Wu X, Zhou J, Hu L, Guo B, Sun S, Chen F, Zhao Z, Zhai Y, Chen Z, Li Z, Yao W, Feng H, Lu C, Liu Y, Shi J, Guo J, Sun J. Effect of Electroacupuncture on Postherpetic Neuralgia: A Randomized Clinical Trial. JAMA Neurol. 2026 Jul 1;83(7):667-676. https://doi.org/10.1001/jamaneurol.2026.1443 🔓
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Mots-clés : Douleur - Maladies infectieuses
