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158- Confirmation de l’efficacité de l’acupuncture aux points yaotongdian dans la colique néphrétique.

Cao Y1,2, Qu Z1,2, Zhang S1,3,4, Liu Y5, Jia L1,6, Pei X1,7, Wang X5, Zhang D5, Li B5, Lu H1,4, Ding M1,4, Bai Y1,3, Wang S1,2, Yang Y1,2, Hu J1,8, Peng W1,2, Guo W1,2, Xu X1,2,3, Liu Q1,2,3. Early acupuncture intervention for pain relief in emergency department patients with suspected acute renal colic caused by urinary calculi: A randomized clinical trial. QJM. 2025 Feb 13:hcaf011. [1].
1Beijing Hospital of Traditional Chinese Medicine, Capital Medical University, Beijing 100010, China.
2Emergency and Critical Care Centre, Beijing Hospital of Traditional Chinese Medicine, Capital Medical University, Beijing, China.
3Beijing Institute of Chinese Medicine, Beijing 100010, China.
4Clinical Medical College, Beijing University of Chinese Medicine, Beijing 100029, China.
5International Acupuncture and Moxibustion Innovation Institute, School of Acupuncture-Moxibustion and Tuina, Beijing University of Chinese Medicine, Beijing 100029, China.
6Urinary Surgery, Beijing Hospital of Traditional Chinese Medicine, Capital Medical University, Beijing 100010, China.
7Nursing Department, Beijing Hospital of Traditional Chinese Medicine, Capital Medical University, Beijing 100010, China.
8Evidence Based Medicine Center, Beijing Hospital of Traditional Chinese Medicine, Capital Medical University, Beijing 100010, China.

Lieu

Département des urgences du Beijing Hospital of TCM, affilié à la Capital Medical University (Chine).

Objectif

Évaluer l’efficacité et la sécurité de l’acupuncture aux points yaotongdian, chez des patients présentant une suspicion de colique néphrétique aiguë liée à des calculs urinaires.

Patients

Sont inclus les patients âgés de 18 à 80 ans présentant les critères clinique de l'Association Européenne d’Urologie (EAU) :

  • une douleur paroxystique intense, unilatérale, au flanc ou à l’abdomen inférieur,
  • potentiellement associée à nausées, vomissements ou hématurie,
  • une douleur à la palpation des points costo-vertébral et costo-lombaire, et sur le trajet urétéral,
  • une douleur à la percussion de la région rénale,
  • un score de douleur ≥ 4 sur l’échelle numérique (NRS) de 0 à 10.

Sont exclus les patients ayant reçu un traitement antalgique au cours des 6 dernières heures.

Interventions

84 patients randomisés en 2 groupes :

  • Acupuncture (n=42)
  • Fausse acupuncture (n=42)

La séance d'acupuncture est réalisée dès l'admission et l'inclusion du patient au service d'urgence.

Figure 1. Protocole d'acupuncture (d'après Cao Y et al. [1]).
Figure 2. Les points yaotongdian (🔴EX-UE7) sont situés au dos de la main, au niveau des 2e et 4e espaces inter-métacarpiens, près des extrémités proximales des métacarpiens. Les points 3TR et wai laogong (ou luozhen, point du torticolis) se trouvent plus en avant, près des extrémités distales des métacarpiens [1, 2].
Figure 3. La fausse acupuncture. (a) Localisation des deux points témoins🟣 utilisés comme contrôle dans l’étude, ne correspondant à aucun point d’acupuncture reconnu. Nonacupoint 1 est situé sur la face postéro-médiale de l’avant-bras, à mi-distance entre l’épicondyle médial de l’humérus et le poignet. Nonacupoint 2 est localisé à mi-distance entre la pointe du coude et le creux axillaire, sur la face médiale du bras. (b) Aiguille semi-permanente Seirin Pyonex (0,20 × 0,6 mm), montée sur un support adhésif stérile (Cao Y et al. [1]).

Critères d’évaluation

  • Critère principal : Taux de réponse à 10 minutes (patients ayant une baisse d’au moins 50 % du score NRS par rapport à l’inclusion). Le temps est décompté à la fin de la première manipulation d'aiguille et l'obtention du deqi.
  • Critères secondaires : Taux de réponse à 0, 5, 15, 20 et 30 minutes ; évolution du score NRS ; satisfaction des patients ; taux d’injection d’antalgique à 30 minutes ; taux de recours à la chirurgie ; taux de reconsultation à 3 jours ; effets indésirables.

Principaux résultats

Critère principal

  • Le taux de réponse à 10 minutes (baisse ≥ 50 % du score NRS) est de 64,3 % dans le groupe acupuncture contre 16,7 % dans le groupe sham (différence de 47,6 %, p < 0,01).

Critères secondaires

  • Taux de réponse plus élevé et diminution du score NRS plus marquée dans le groupe acupuncture à tous les temps d’évaluation.
  • Moins d’injections d’antalgiques à 30 min (33,3 % vs 59,5 %).
  • Meilleure satisfaction des patients (4,69 vs 3,69).
  • Pas de différence pour les chirurgies ou les reconsultations.
  • Un effet indésirable léger dans chaque groupe.
Figure 4. Évolution du taux de réponse (≥ 50 % de réduction du score NRS) après l’intervention. Le taux de réponse est significativement plus élevé dans le groupe acupuncture🟠 que dans le groupe fausse acupuncture🔵 à tous les temps mesurés (de 0 à 30 minutes).
** p < 0,01. (Cao Y et al. [1]).
Figure 5. Évolution du score de douleur (NRS) dans le temps. Le score NRS diminue de manière plus rapide et plus marquée dans le groupe acupuncture🟠 comparé au groupe fausse acupuncture🔵, avec une différence significative dès 0 minute après la manipulation.
* p < 0,05 ; ** p < 0,01. (Cao Y et al. [1]).

Conclusions

L’acupuncture au point yaotongdian est une méthode sûre et efficace pour soulager rapidement la douleur en cas de suspicion de colique néphrétique aiguë aux urgences.

Nous avions présenté dans un précédent article une étude réalisée en 2020 par la même équipe, dans le même service d’urgence, et publiée en 2022 [3, 4]. Elle montrait l’intérêt de l’association diclofénac + acupuncture aux points yaotongdian, comparée à l’association diclofénac + fausse acupuncture.

La nouvelle étude, menée entre 2021 et 2024, évalue cette fois l’efficacité de l’acupuncture en monothérapie comparée à une fausse acupuncture. Elle confirme l’effet antalgique rapide du point yaotongdian mais dans un contexte clinique sensiblement différent qu’il convient de souligner.

Contexte clinique particulier de l’étude

Dans cette étude, l’acupuncture a été proposée dès la phase de suspicion de colique néphrétique aiguë, sans attendre la confirmation par l’imagerie. Cette stratégie soulève une question fréquente en pratique : faut-il poser un diagnostic certain avant de traiter une douleur aiguë intense ? Si certains redoutent que les antalgiques puissent masquer des signes cliniques utiles, d’autres insistent sur l’intérêt d’un soulagement rapide pour améliorer l’examen et la coopération du patient

Parmi les 42 patients traités par acupuncture vraie, une colique néphrétique a été confirmée chez 39 d’entre eux (92 %), les trois autres présentant soit une infection urinaire, soit une douleur abdominale non étiquetée. L’évolution de la douleur sur 30 minutes s’est révélée comparable dans les deux sous-groupes (figure 6).

Ces données suggèrent que l’acupuncture exerce un effet antalgique rapide, apparemment indépendant de l’étiologie de la douleur.

essai
Figure 6. Évolution du score NRS après acupuncture selon le diagnostic final. La réduction de la douleur au cours des 30 premières minutes est comparable chez les patients avec colique néphrétique confirmée 🔵 ou infirmée 🟠 suggérant une efficacité non spécifique à l’étiologie (Cao Y et al. [1]).

Yaotongdian et lombalgies aiguës

Cette réponse rapide, indépendante du diagnostic, fait écho à l’indication première des points yaotongdian dans les lombalgies aiguës. Yaotongdian (腰痛点) signifie littéralement « point de la douleur lombaire ». Son utilisation dans cette indication est aujourd’hui soutenue par plusieurs essais contrôlés randomisés (ECR). Une revue systématique récente (Lin, 2024 [5]), portant sur 14 ECR — dont 5 centrés sur yaotongdian — confirme l’efficacité de l’acupuncture comparée aux traitements médicaux oraux, notamment les AINS.

L’effet antalgique rapide et reproductible observé dans divers contextes cliniques suggère que yaotongdian pourrait constituer une option symptomatique pragmatique, de première intention, dans la prise en charge des douleurs lombo-pelviennes en situation d’urgence.

Une réponse significative très rapide

Les deux essais menés au service des urgences du Beijing Hospital of TCM diffèrent à la fois par leur population (suspicion de colique néphrétique dans l’étude de 2025 [1], diagnostic confirmé radiologiquement dans celle de 2022 [4]), et par leur design :

  • comparaison acupuncture + diclofénac versus diclofénac seul (2022) ;
  • comparaison acupuncture seule versus fausse acupuncture (2025).

Malgré ces différences, une mise en perspective des résultats apporte des enseignements utiles (figure 7) :

  • Il est montré une efficacité marquée de l’acupuncture seule, avec plus de 64 % de réponses à 10 minutes et plus de 85 % à 30 minutes (2025).
  • L’association à un AINS permet d’atteindre des taux de réponse encore plus élevés : 77,5 % à 10 minutes et 97,5 % à 30 minutes (2022).
  • Le graphique comparatif met clairement en évidence une différence marquée de dynamique : l’acupuncture induit une action antalgique très rapide, avec un effet visible dès les premières minutes, alors que le délai d'action de l'AINS est plus long.
  • L’association acupuncture + AINS suit une trajectoire similaire à celle de l’acupuncture seule, avec une amplitude légèrement supérieure — suggérant un effet additionnel, sans modification notable de la cinétique. Cet effet additionnel n'avait toutefois pas été observé dans une revue systématique (Qu 2022 [6], voir infra).
Figure 7. Évolution du pourcentage de patients présentant une réduction ≥ 50 % de la douleur après traitement. Données issues de deux essais contrôlés randomisés réalisés au Beijing Hospital of TCM : essai de 2022🔵🟢 et essai de 2025 🟤🟣. T0 correspond à la première évaluation à l'issue des 30 secondes de manipulation de l'aiguille et de l'obtention du deqi.

L’observation d’un effet antalgique immédiat

  • Fait remarquable, une proportion significative de patients réagit dès T0, c’est-à-dire immédiatement après les 30 secondes de manipulation de l'aiguille et l’obtention du deqi. À ce stade, 21,4 % des patients du groupe acupuncture présentent déjà une réduction d’au moins 50 % de leur douleur, contre 0 % dans le groupe témoin. La possibilité d'un tel effet immédiat est également rapportée avec les points yaotongdian dans les lombalgies aiguës, et observée avec d’autres points dans divers contextes de douleur aiguë torticolis, entorse de cheville, épaule aiguë douloureuse ou douleur dentaire .
  • L’observation d’une réponse immédiate suggère l’activation d’un circuit neurogène rapide, potentiellement d’origine segmentaire spinale, consécutive à la stimulation des points yaotongdian. Ce mode d’action contraste nettement avec le délai d’action plus lent observé avec les AINS.
  • Le fait quelle ne soit observée que chez environ 20 % des patients suggère l’existence d’un sous-groupe répondeur caractérisé par une sensibilité accrue à ce type de stimulation afférente.
  • Cette phase d’activation rapide pourrait jouer un rôle de déclencheur, initiant une cascade physiologique secondaire mobilisant des mécanismes à cinétique plus lente — modulation centrale, libération de neuromédiateurs, ou régulation neuro-immunitaire — qui s’installeraient progressivement au cours de la séance.
  • On peut ainsi distinguer deux temps : une réponse initiale, immédiate, et un effet à installation progressive, probablement fondés sur des mécanismes distincts mais complémentaires. Leur expression pourrait varier selon les patients, les pathologies ou les modalités thérapeutiques (choix des points, technique de stimulation), et justifier une approche individualisée ou combinée, fondée sur la complémentarité temporelle des effets.

Une absence de profil répondeur identifié

La même équipe a réalisé une analyse secondaire des données issues de l’étude de 2022 afin d'explorer d’éventuels facteurs prédictifs de réponse à l’acupuncture (Wang 2024 [7]). L’analyse en sous-groupes (sexe, âge, IMC, taille du calcul, intensité de la douleur initiale) a montré un bénéfice constant, sans interaction statistiquement significative. Aucun de ces facteurs ne permet donc d’identifier formellement un profil répondeur, bien que certaines tendances observées — notamment chez les patients présentant de gros calculs ou douleur modérée — mériteraient d’être explorées plus en détail dans des études ultérieures.

En l’état, l’effet de l’acupuncture apparaît globalement robuste, sans variation significative selon les caractéristiques cliniques analysées.

Une technique adaptée aux contraintes des urgences

L’étude met en évidence l’intérêt pratique du point yaotongdian en situation aiguë. L’acupuncture peut être mise en œuvre rapidement, sans nécessiter de position particulière du patient, ni déshabillage, et avec un matériel simple et peu coûteux. Elle ne requiert pas d’espace dédié ce qui la rend particulièrement adaptée aux services d’urgence. Sa simplicité d’utilisation, associée à une efficacité démontrée, en fait une option sûre, rapide et facilement mobilisable pour soulager la douleur aiguë dans un contexte clinique incertain.

La place de l'acupuncture à réévaluer

Dans notre précédent article [3], nous avions discuté trois éléments concernant la place de l’acupuncture dans la prise en charge de la colique néphrétique :

  1. L’acupuncture ne figure pas comme option thérapeutique dans les recommandations actuelles, notamment celles du NICE (2019 [8]) et de l’EAU (2022 [9]).
  2. Deux revues systématiques publiées récemment ont évalué l’efficacité de l’acupuncture dans la prise en charge de la colique néphrétique aiguë.
    • La revue de Qu et al. (2022 [6], 15 ECR) montre que l’acupuncture manuelle, utilisée en monothérapie, est aussi efficace que les traitements antalgiques médicamenteux, avec une réduction de la douleur significativement plus rapide à 10 minutes. En revanche, l’association acupuncture + AINS ne montre pas de bénéfice clair par rapport aux AINS seuls. La qualité des preuves (GRADE) est jugée faible.
    • La revue de Chen et al. (2023 [10], 13 ECR), portant sur l’acupuncture au sens large utilisée en monothérapie, conclut à une supériorité par rapport aux traitements conventionnels, avec un taux de réponse plus élevé, une réduction plus rapide de la douleur et moins d’effets indésirables. L’analyse séquentielle suggère que ces résultats sont robustes et peu susceptibles d’être remis en cause par de nouvelles études.
  3. Les recommandations, y compris françaises [11], préconisent les AINS en première intention, suivis des opioïdes en seconde ligne.

Avec le nouvel essai qui fait l’objet du présent article, ce sont désormais trois essais rigoureusement conduits, publiés ces quatre dernières années, totalisant 244 patients, qui ont comparé l’acupuncture à une fausse acupuncture dans la colique néphrétique (Zhang 2021 [11], Tu 2022 [4], Cao 2025 [1]). Tous trois confirment l’efficacité spécifique de l’acupuncture, au-delà d’un effet placebo.

En parallèle, une mise à jour Cochrane publiée en 2025 (Afshar 2025 [12]) montre que l’efficacité des AINS comparée au placebo repose sur trois essais de qualité méthodologique faible, totalisant 250 patients, dont deux très anciens remontant aux débuts des années 1980. Les résultats sont globalement favorables, mais le niveau de preuve est jugé faible (GRADE).

Il apparaît ainsi que les données disponibles sur l’acupuncture, issues d’essais récents répondant aux standards méthodologiques actuels, ne sont en rien inférieures — ni en qualité, ni en quantité — à celles qui fondent l’usage des AINS, traitement de première intention dans la colique néphrétique.

Dans ce contexte, une réévaluation de la place de l’acupuncture dans les recommandations cliniques semble non seulement légitime, mais nécessaire.

Une étude exploratoire en métabolomique

Toujours la même équipe a également réalisé une étude exploratoire en métabolomique (Qu 2024 [13]). Vingt patients ont été répartis en deux groupes (acupuncture réelle vs fausse acupuncture), selon un protocole identique à celui des essais précédents. Sur le plan clinique, le groupe acupuncture a présenté un taux de réponse de 80 % à 10 minutes, significativement supérieur à celui du groupe contrôle.

L’analyse métabolomique a mis en évidence 199 métabolites modifiés dans le groupe acupuncture, contre 54 dans le groupe contrôle. Au total 325 différences significatives ont été relevées entre les deux groupes après traitement, montrant des effets biologiques mesurables de l’acupuncture, au-delà des seules variations individuelles.

Plusieurs de ces métabolites étaient corrélés à l’intensité de la douleur, et deux voies biologiques associées à la régulation de la douleur montraient un enrichissement significatif uniquement dans le groupe acupuncture :

  • Le métabolisme du tryptophane, impliqué dans la modulation centrale de la douleur via la production de sérotonine, neuromédiateur clé des voies descendantes inhibitrices ;
  • La biosynthèse des acides gras insaturés, associés à la régulation périphérique de la réponse inflammatoire, notamment par le biais des médiateurs lipidiques pro- et anti-inflammatoires.

Ces résultats, présentés dans la figure 7, montrent que la stimulation des points yaotongdian s’accompagne d’une modulation biologique objectivable en lien avec le soulagement de la douleur. L’implication de voies centrales et périphériques de régulation renforce l’intérêt de la métabolomique comme outil heuristique pour explorer les mécanismes de l’effet antalgique de l’acupuncture.

Figure 7. Voies métaboliques associées à l’acupuncture au point yaotongdian dans le traitement de la colique néphrétique (analyse KEGG). Diagramme de bulles représentant les principales voies biologiques enrichies après traitement par acupuncture. Le panneau de gauche correspond aux données acquises en mode ions positifs ; celui de droite, en mode ions négatifs (deux approches complémentaires en métabolomique). Chaque bulle représente une voie métabolique : sa taille indique le nombre de métabolites impliqués (n), et sa couleur reflète le niveau de significativité statistique (plus le rouge est intense, plus la valeur de p est faible). Deux voies impliquées dans la régulation de la douleur ressortent particulièrement : le métabolisme du tryptophane, associé à la modulation centrale via la production de sérotonine, et la biosynthèse des acides gras insaturés, liée à la régulation de la douleur inflammatoire périphérique (Qu 2024 [13]).
  • ✅ L’essai contrôlé présenté ici renforce les données en faveur de l’efficacité spécifique du point yaotongdian dans la colique néphrétique, en cohérence avec deux études antérieures. Son effet antalgique rapide, cliniquement significatif, et la simplicité de sa mise en œuvre en font une option pertinente en situation aiguë, notamment aux urgences.
  • ✅ Ces résultats invitent à reconsidérer la place de l’acupuncture dans les stratégies actuelles. Les données disponibles sur son effet spécifique, méthodologiquement solides, ne semblent pas moins robustes que celles qui soutiennent l’usage des AINS, recommandés en première intention. Les deux revues systématiques les plus récentes, fondées sur des comparaisons directes, rapportent une efficacité équivalente ou supérieure de l’acupuncture, avec un meilleur profil de tolérance.
  • ✅ Les données cliniques et métabolomiques suggèrent une séquence de réponses physiologiques : une activation rapide, probablement neurogène, suivie d’une modulation progressive de voies centrales et périphériques impliquées dans la régulation de la douleur.
  • ✅ L’ensemble de ces travaux illustre une démarche de médecine translationnelle appliquée à l’acupuncture, qui articule questionnement clinique, évaluation rigoureuse de l’efficacité et exploration mécanistique. Cette approche permet de penser l’acupuncture selon les standards de la recherche contemporaine, en intégrant les outils de la biologie moderne pour éclairer ses effets. Elle mérite aujourd’hui d’être pleinement intégrée aux protocoles de recherche clinique et aux réflexions sur les recommandations thérapeutiques.

Dr Johan Nguyen

Références

  1. Cao Y, Qu Z, Zhang S, Liu Y, Jia L, Pei X, Wang X, Zhang D, Li B, Lu H, Ding M, Bai Y, Wang S, Yang Y, Hu J, Peng W, Guo W, Xu X, Liu Q. Early acupuncture intervention for pain relief in emergency department patients with suspected acute renal colic caused by urinary calculi: A randomized clinical trial. QJM. 2025 Feb 13:hcaf011. https://doi.org/10.1093/qjmed/hcaf011🔓
  2. Shanghai College of TCM. Shanghai Zhenjiu Xue. Beijing: People ‘s Health Publishing House; 1974.
  3. Goret O, Nguyen J. Colique néphrétique : intérêt de l’association acupuncture + diclofénac. Acupuncture Preuves & Pratiques. Février 2024. https://gera.fr/colique-nephretique-acupuncture-plus-diclofenac/🔓
  4. Tu JF, Cao Y, Wang LQ, Shi GX, Jia LC, Liu BL, Yao WH, Pei XL, Cao Y, Li HW, Yan SY, Yang JW, Qu ZC, Liu CZ. Effect of Adjunctive Acupuncture on Pain Relief Among Emergency Department Patients With Acute Renal Colic Due to Urolithiasis: A Randomized Clinical Trial. JAMA Netw Open. 2022 Aug 1;5(8):e2225735. https://doi.org/10.1001/jamanetworkopen.2022.25735 🔓
  5. Lin H, Wang X, Feng Y, Liu X, Liu L, Zhu K, Shen J, Zhang P, Yu J, Yang T. Acupuncture Versus Oral Medications for Acute/Subacute Non-Specific Low Back Pain: A Systematic Review and Meta-Analysis. Curr Pain Headache Rep. 2024 Jun;28(6):489-500. https://doi.org/10.1007/s11916-023-01201-7 🔓
  6. Qu Z, Wang T, Tu J, Yao W, Pei X, Jia L, Cao Y, Liu C. Efficacy and Safety of Acupuncture in Renal Colic Caused by Urinary Calculi in Adults: A Systematic Review and Meta-Analysis. Evid Based Complement Alternat Med. 2022 Jul 4;2022:7140038. https://doi.org/10.1155/2022/7140038🔓
  7. Wang XZ, Liu CZ, Wang LQ, Qu ZC, Cao Y, Yan SY, Yang JW, Tu JF. Acupuncture for response and complete pain relief time of acute renal colic: Secondary analysis of a randomized controlled trial. Integr Med Res. 2024 Mar;13(1):101021. https://doi.org/10.1016/j.imr.2024.101021🔓
  8. NICE guideline [NG118]. Renal and ureteric stones: assessment and management. National Institute for Health and Care Excellence (NICE). 2019. https://www.nice.org.uk/guidance/ng118 🔓
  9. Türk C, Neisius A, Petřík A, Seitz C, Skolarikos C, Somani B, Thomas K, Gambaro G. EAU Guidelines on Urolithiasis. European Association of Urology. 2021. [172083]. https://uroweb.org/wp-content/uploads/EAU-Guidelines-on-Urolithiasis-2021.pdf 🔓
  10. Chen HT, Kuo CF, Hsu CC, Lai LC, Cheng AC, Sun CK, Hung KC. Clinical efficacy of acupuncture for pain relief from renal colic: A meta-analysis and trial sequence analysis. Front Med (Lausanne). 2023 Jan 9;9:1100014. https://doi.org/10.3389/fmed.2022.1100014. 🔓
  11. Colique néphrétique. Vidal Recos. https://www.vidal.fr/maladies/recommandations/colique-nephretique-1836.html#prise-en-charge 🔓
  12. Zhang X, Liu X, Ye Q, Wang X, Chen J, Wang Z, Zhao P, Tao B, Xu G, Xu W, Wu K, Xiao Y, Yang L, Tian J, Wang J, Dong Z, Wang Z. Acupuncture versus Lornoxicam in the Treatment of Acute Renal Colic: A Randomized Controlled Trial. J Pain Res. 2021;14:3637-3648. https://doi.org/10.2147/jpr.s339006 🔓
  13. Afshar K, Gill J, Mostafa H, Noparast M. Nonsteroidal anti-inflammatory drugs (NSAIDs) for acute renal colic. Cochrane Database Syst Rev. 2025 Mar 14;3(3):CD006027. https://doi.org/10.1002/14651858.CD006027.pub3
  14. Qu Z, Tu J, Hu J, Peng W, Pei X, Wang S, Guo S, Yao W, Liu C, Cao Y. [Mechanism of acupuncture at Yaotong dian for renal colic caused by urinary calculi based on metabonomics]. Beijing J Tradit Chin Med. 2024;43(7):729–737.

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Mots-clés : Urgences - Urologie


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